Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /Juil /2009 22:41

Le tra in est arrivé doucement et s'est placé sur la voie du quai numéro cinq. Nous nous sommes regardé, elle m'a sourit mais je ne lui ai pas rendu son sourire. Je savais que plus jamais nous nous rencontrerions par delà ce présent. L'avenir, ce futur qui deviendra peu à peu mon présent, aura pour empreinte son absence. Elle m'a embrassé puis m'a dit adieu. " Ne m'en veux pas, je ne puis rester ici, dans une ville où chacun reste l'inconnu de l'autre, je me dois de retrouver mes racines, on se reverra peut-être un autre fois, dans une autre vie..." Elle avait dit cela pour me consoler un petit peu, mais à quoi bon, elle me quittait et alors, je sus que j'allais quitter ce futur qui allait devenir cet oubli par le présent qui viendrait m'habiter. " Les voyageurs en direction de BORDEAUX sont invités à fermer les portes attention au départ...." J'ai allumé une cigarette, et dans les volutes bleues qui s'effaçaient peu à peu, j'ai revu son visage alors que la rame quittait la gare d'Austerlitz. Pas un seul autre mot échangé, pas une seule larme, pourtant j'aurais aimé gueuler ma douleur, aboyer comme le font les chiens enragés, mais je n'ai rien dis, je n'ai rien fais, simplement laissé les évènements à leur putain d'époque, celle des amours mortes. J'ai renoncé à ce futur qui me promettait tant de belles choses, tant de bonheur à ses cotés. J'ai jeté mon mégot de cigarette sur le trottoir et je me suis enfoncé dans la bouche du métro afin de renaître un peu plus tard. Certes, une fois devant le clavier de cet machine électronique, je cracherais ma douleur par des mots suintant la mort et le sang de mes veines déchirées. Puis, grâce à quelques verres de vieux Bourbon, j'irai m'enivrer jusqu'à tomber raide dans l'escalier. On me retrouvera saoul, on se moquera de moi comme on le fit autrefois de ma pauvre mère, et qu'importe, l'amour avec un a minuscule ne mérite pas tant de douleur. Demain, oui, demain, ce futur inutile, je retrouverais les boulevards et l'avenue d'Italie avec son cortège de bonheur et de misère. Loin de moi, elle retrouvera ses parents, sa famille, ses amis, un nouvel amour alors que je serais si seul à traverser la place d'Italie sans bien comprendre pourquoi la Mort m'attendait de l'autre coté du bitume. Mais à quoi bon le vouloir, elle n'est plus là et je reste seul dans la cohue d'un treizième qui s'en fout. Je n'irais plus boire mon café dans ce bar où autrefois, mon père échangeait des idées aussi rouge que sa politique aux verbes ténus. Qu'aucun curé ne prie pour moi, Dieu m'abandonne....  

Par naxe
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