Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 15:30

Elle a dans le coeur les racines amères de son enfance. Des mots oubliés, crachés sur une page blanche qui terminée, sera jetée dans une corbeille de vieux papiers à recyclages urbains. Elle vient de tout dire, de raturer des phrases entières tellement son coeur bafouille à l'idée d'une revanche impossible. Ils sont morts ses parents, elles sont mortes ses amours qui naissaient d'un poème, d'un sourire, d'une étreinte passagère. Elle a laissé sur la table sa machine à écrire, son paquet de cigarettes, le cendrier où dégueulent ses rêves d'un futur lointain. Elle est seule face à elle-même, et certains la croient belle dans les miroirs que sont le regard d'autrui. Mais elle se voit laide, meurtrie, et sur des cicatrices modernes, le fard semble vouloir cacher les plaies de l'enfance.
- Bonjour Barbara, votre dernier livre sera un succès.... Elle s'en fiche de la célébrité, elle s'en moque. Elle voudrait revenir en arrière, des années, des siècles lorsqu'elle si jeune, elle gambadait dans les rues de la ville, accrochée à sa jeune princesse, une chienne aussi môme qu'elle l'était. Pourtant, au coeur de la ville, au coeur de sa famille, le pluie était habitude, les mots ringards familiers. On se tapait sur la gueule, on s'insultait, on buvait des coups de trop puis on s'enfermait dans un lourd mutisme. Si petite, si fragile, elle s'enlisait dans ses rêves d'adulte devenant. Mais Barbara n'était plus cette enfant maudite, car dans ses ombres qui enlaidissaient son tendre regard, elle se relevait pour suivre le chemin de la vertu littéraire. Demain, tu viendras me chercher, demain je serais à tes bras, et nous fuirons ce présent qui n'est en fait, qu'un douloureux passé....Elle a laissé son regard glisser le long de la blanche feuille, puis s'est levée pour éteindre sa cigarette. Le jour se profilait le long des couloirs du temps. Juste le moment pour que le percolateur égrène le chant du café qui coule dans la tasse aux couleurs tendres. Demain elle ira porter ce vieux rêve de devenir une écrivain de talent. Demain mais pas avant....

Par naxe
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 17:31

Tout se termine. The end ! J'ai rangé ma vieille machine à écrire, mon train électrique et mes petites voitures. Donnés à je ne sais qui, mais plus d'importance aucune. Tu crois exister, tu crois obtenir, acheter pour survivre. Tu le crois, imbécile que tu es. Tiens, le vieil ours que m'avait offert une tante est perdu à jamais. Pas retrouvé, jeté dans une poubelle avec mes cahiers d'école. C'est loin, trop loin pour me rassurer sur mon moi externe. Le moi interne est mort depuis trop de temps, la réalité vous blesse avec le ricanement d'une hyène. Il n'y avait pourtant pas si longtemps, un môme du quartier treize de Paname jouait encore au ballon sur la rue mal pavée. Puis le voilà devenir adulte, fils puis père, prolétaire puis retraité. Conne de vie pour vie de con. J'ai pourtant réussi à conserver le stylo bille qu'un ami m'a offert il y a plus de vingt ans, et avec quoi j'ai pu écrire ces mondanités saugrenues. Rien que pour comme çà, dire et redire ce qui est de la vie et de la mort. Pas de chichi aucun, juste l'apostrophe au bon endroit, au bon moment. T'as voulu devenir cet écrivain mots dits, et bien que dalle mon pote, et garde dans ta veste le dernier San-Antonio ou le bouquin de René FALLET, un pote de BRASSENS. Le meilleur sans doute. Vas prier Dieu pour lui dire qu'il te lâche la grappe, qu'il aille voir le diable pour jouer aux échecs, les tiens surtout. Moi çà me plaît d'écrire sur cet ordinateur pocket, un mini à quatre cent balles d'euros. J'ai mis un CD dans la bécane à musique, juste pour le fun des oreilles. Cool, très bien, et dehors c'est la fête de la musique. Ça tombe bien. Aille ! End off the time...Yes, et puis je ne pouvais imaginer que j'allais devenir éternel, trop chiant et ne pas pouvoir connaître l'univers à l'endroit. Puis j'ai pensé à ceux et celles que j'aime. Je les garde en moi, bien au chaud, à jamais dans ma dernière cellule bien grise dès lors. Dans ma tête, les mots du passé simple. Bonjour, au revoir, une baguette bien cuite, deux litres de vin, du rouge.... Faites moi le plein d'essence....Contrôle des billets Messieurs Dames.....Salut mon fils, salut mon père. J'ai mis une rose blanche à ma boutonnière comme pour saluer ma petite Juliette, ma grand-mère d'adoption. L'Amour, c'est vachement fort des fois. Trop souvent, çà se déchaîne, on se tape sur la gueule, on s'installe dans un effroyable mutisme. Alors viendra le temps pour écrire autre chose, tiens des nouvelles comme le faisait Edgar Alan POE. Mesdames et Messieurs, je vous souhaite une bonne route et méfiance au tournant, la Mort vous surveille de son oeil glauque. Moi je l'emmerde la Mort, je suis vivant et pour toujours. Amen !           Johnnel BERTEAU-FERRARY

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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 22:21

Je crois en l'illusion d'un autre monde, me disait celui-ci dont la croyance pouvait braver les siècles. Mais seulement être né pour la Mort, quelle tristesse, et vouloir empêcher cela, on dit que c'est de l'illusion prophétique. La Religion, la Politique, l'économie et la Science, l'amour et la Haine, du moment que l'autre soit là, il comble le vide, il comble le néant. Vois au-dessus de ta tête ce trou noir qui se déplace de-ci, delà....Il va où il veut, comme il veut, lentement ou plus vite, et bien ce trou noir, c'est la Mort. On ne la voit pas, sauf lorsqu'un vivant s'écroule et disparaît dans le gouffre de cet oeil maléfique et bénéfique à la fois. Paradoxe du normal, A regarder la vieillesse qui s'agite dans un grand lit de désespoir, j'ai décidé de ne plus la regarder, de ne plus entendre ses cris et ses pleures. Souvent, solitaire dans vos rues, proches de vous et de vos immeubles, je la sens proche de moi. Et là-haut, tel un pigeon perdu dans le ciel, voguant un peu n'importe où et lâchant sa fiente sur n'importe quelle tête, le trou noir cherche sa proie. Moi, toi, l'autre, peu importe, tu ne sais jamais quand il va te happer. Tu sens le souffle de ta mort ? Non ? C'est normal, elle ne parle pas, elle ne dit rien mais agit dans le brouhaha d'une guerre, d'une collision, sur les épaves de l'accident qui arrache un goût de bitume à des vacances assoiffées de vie. Vivre la réalité, non celle des marchands ou celle des illusionnistes de la politique, mais celle qui beugle dans ton corps. La mort est inscrite dans tes gênes, la vieillesse l'avant dernier chapitre. Inutile de naître puisque la Mort nous attend....Sauf que tu n'as pas choisi de naître, ni celle et celui dont tu es l'origine. Et tu es là, tu regardes le ciel si bleu avec ses volutes blanches. La nature est belle en ce début de soirée. Je me suis levé du banc sur lequel je voyais vivre le monde pour revenir chez moi. Il sera vingt trois heures en ce mercredi du mois de Juin. J'ai éternué. La pollution. Dans les oreilles, une balade musicale. Puis du jazz et enfin la météo. Demain, il fera chaud. Ou alors la pluie sera là entre parapluie et tête nue. On verra et je m'en fous. Bye....

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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 16:27

Un regard posé sur l'armoire. Je l'imagine comme cet oeil de qui-tu-sais qui te regarde pour te juger à la fin de ton cycle. Ce regard, l'autre le tien dans sa main et toi, tu as celui dont il est visé. Rien à dire, tu es sous le feu de l'action, puis à la télévision, jeté dans la poubelle le vieux téléviseur à papa, voici les nouvelles lucarnes. Cathodiques puis plasmas, LCD aussi, et le " toutinformatique" in the pocket. Mais là, c'est une fois le vingtième siècle balancé par-dessus la clôture des époques révolues. Marié, divorcé, libre sans doute, seul évidement. Le regard de ton ours en peluche ne cesse de te lire à bible fermée. Humain, coté mâle, tu l'es mon pauvre bonhomme. Plus tard, sur ce mini PC, tu écriras ceci. Mais là, tu vis ta vie au milieu de la foule qui te bouscule et qui t'envoie des gerbes de poésiedouteuse. Les mots sont des armes cruelles, te transpercent, tu tombes, quelqu'un te voit et passe son chemin. Ce soir, glorieuse émission à la télé. Rediffusion. Tu peux crever mec, et pas question d'appeler du secours, çà c'est pour les autres ! Mais tu es les autres, tu es ce que tu es seulement pour les autres, tu deviens l'enfer comme dirait Sartre. Nous avons tous en nous l'enfer de celui et de celle qui nous fait face. C'est con, je sais, mais que veux-tu, ainsi se forgent molécule après molécule, les destins de chair et de sang. Mois de février, j'entre apr la porte ouverte de l'hospice intercommunal de F/s/bois. En me retournant, mon fils vient de grandir, c'est un adulte, sa mère s'est remariée. Tant mieux, le bonheur n'est pas facile. Et face à moi, le mot terrifiant m'inocule son virus. Vieillir....Merde, je me croyais invincible.... Un vain...Cible ? Bien sûr, les amis, la famille si tu en as encore, ton désir morbide pour t'envoyer en l'air, et la terre tourne. For ever...Les mots se sont arrachés à ta peau rouge du sang de tes veines, et tu deviens le grain qui sera broyé par des logiques mutantes. Les technocrates penseront pour toi, la publicité te donnera envie d'acheter, et le mot si magnifique de Liberté tu oublieras ! Oui, j'ai cru à cela et voilà qu'au moment où la montre fait basculer le présent au coeur du passé, le futur dans le présent, tu viens de comprendre que ce mensonge l'est comme la vérité l'est d'un mensonge. Resteront de vagues souvenirs dans ton âme bleu-gris, des photos qui jauniront bien vite. Mon vieux tourne-disques est rouillé, mon genou idem. Je rêve de devenir ce vieil indien fuyant l'absurde destinée qu'il a toujours refusé. Rebelle toujours, comme si on cassait un carreau avec le poing. Ça fait mal mais c'est si bon.....

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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 01:12

Un drôle de titre que celui là. En fait, et ce depuis très longtemps, j'ai toujours voulu écrire sur cette machine qui fait un boucan du diable ! Pourquoi ? C'est une sorte d'animal sorti du cerveau humain, trop différent des ordinateurs modernes aux visages gris et au silence douteux. Pourtant, c'est bel et bien sur l'un d'eux que je suis en train d'écrire. Pas de bruit, juste la pression des doigts sur les touches du clavier. Autrefois, les écrivains chahutaient de grosses machines à écrire semblables aux locomotives à vapeur qui circulaient un peu partout dans le monde. Puis vint le TGV bientôt remplacé par l'AGV. Pourtant, la prose reste la même, le coeur saigne tout comme l'autre fois des poètes en mal de vivre. Moi je ne saigne pas, j'écris pour te dire des mots qui pleurent et rient dans la seconde passée. Il y avait une histoire....Non, la vie ne serait qu'une banale histoire de vie et de morts ? Je crois que oui, hélas. Et ces putains de mots que l'on écrit comme dans un miroir, comme ceux que l'on gueule sur les murs avec en tête ce mot d'une merveille étoile sombre, Liberté ! J'ai voulu devenir cet écrivain libre, usant de mots à force de maux. J'ai voulu devenir ce poête maudit par les cauchemars d'un monde en désarroi, à la recherche d'une impossible vérité. Je n'ai eu que le feu d'un été de plein soleil, la brume d'un hiver annoncé. Je n'ai eu que le présent d'un corps meurtri par des blessures sanglantes et cet immuable plaisir de vivre. La musique dans la tête, et des phrases dans l'esprit, au bout des mains, la destinée. Hélas, je suis né d'un hiver de Janvier où une Reine devenait l'idole d'une Angleterre que je n'ai eu à connaître que par sa musique. Un monstre allait mourir du coté d'un mur blanchit par la honte, et maintenant, les années quatre vingt allaient annoncer mariage et divorce, de fils j'allais devenir père de mon fils. Je devenais peu à peu orphelin en quelques mois, ma Mère s'en allait, ma Grand-Mère aussi, ma chienne avec qui je partageais tant de chemins du treizième. Mon fils allait naître après mon frère. Je ne serais plus seul malgré cette solitude qui vous arrache la gueule à grands coups de cafard. Plaisirs impudiques, je caresse son corps, je le pénètre. Papa. Je le suis. Amen ! L'enfance me quitte, l'adolescence me fait la gueule. Et dans les rues, la musique me frôle d'un murmure distrait à l'oreille. J'ai quitté le treizième pour en devenir l'immigré, l'étranger. Tiens, et si on se faisait une tasse de café, c'est moi qui offre. 

Par naxe
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