Mardi 1 septembre 2009
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18:52
Connexion...Un mot, juste un mot qui s'affiche sur l'écran, et me voici nu, enfin je veux dire avec les doigts figés sur le
clavier. Des mots de ratures, des mots d'efface, des mots qui se chevauchent les uns sur les autres. Orgie grammaticale disons le ! Je n'ai rien de particulier à dire sauf que tout est possible
aujourd'hui pour que demain ne soit un paysage désolé. Le fric, l'apparence, la richesse...Le résultat est là, pauvreté, glauque la planète, pisseuse la politique, chienlit l'économie. Et là-bas
ricane la Mort avec sa faucille et son marteau. Demain est un mot inscrit dans le dictionnaire, rien d'autre, il n'existe pas de futur, tout se vit au présent. Le passé ? Mécanisme biologique de
la mémoire conçue par des neurones à l'intelligence baveuse. Moi dans tout ce maelström, je cherche la sortie en sachant bien que nous sommes sur un anneau de Moëbius, impossible de s'en sortir.
Sauf crever sur le bitume avant les effroyables rides de la vieillesse maudite. Bon, c'est vrai, ce que j''écris est un peu sombre, et pourtant la vérité l'est... Elle ! Je termine ce court texte
comme un cri dans l'obscurité, dans le silence des sourds. Ne me lit pas toi qui passe, ma vérité est aussi la tienne camarade humain. Tu es né pour mourir, tu appartiens à la mort, et rien n
t'appartiens. C'est con n'est-ce pas ? Eh bien oui, la vérité est ainsi. du coup, je vais me taire pour que de mieux en mieux tu puisses vivre dans tes mensonges, camarade mortel.
Par naxe
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Mardi 21 juillet 2009
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18:22
- Tu étais où ce 21 Juillet 1969, à 3 heures 30 du matin ? - Ben comme tout le monde, je regardais la télévision, pourquoi ? -
Et que se passait-il à la télévision ce 21 Juillet 1969 vers 3 heures 30 du matin, mon jeune garçon ? - Deux types ont décidés d'un petit footing sur la Lune, rien que çà. - Et pour toi, cela est
normal non ? - Ben oui, Monsieur le physicien. - Toi même, tu t'amuses sur la Lune souvent ? - A vrai dire, Monsieur, il n'y a rien sur la lune. Pas un troquet, pas une seule aire pour jouer
à la pétanque, même pas un casino pour perdre son fric. Rien quoi, sauf quelques ustensiles laissés par des américains depuis cette nuit du 21 Juillet 1969. Mais c'est pas terrible,
leurs voiturettes sont en panne depuis belle lurette, et avec mes potes, ont ne peut même pas les vendre à la casse de mon oncle Marcelin. Ce sont des machines qui fonctionnent avec de
l'électricité de chez eux aux américains. Nous, là-dessus, nos ingénieurs ont mille ans d'avance sur eux. - Et tu penses qu'ils vont revenir chercher cet attirail qui est resté sur la Lune ? -
Ben non, pourquoi ? Ça vaut cher un voyage Terre-Lune, et les humains n'ont plus de pognon à foutre dans des boites de conserves à roulettes. Mais les potes et moi, on s'amuse avec. Tenez,
dernièrement, l'une des roues de leurs charrettes à cassé, le petit René et le grand Pierre se sont retrouvés le cul dans la crevasse de Newton. Qu'est-ce qu'on a rigolé tous, surtout que le
grand Pierre avait eu un ennui gastrique... Vous me comprenez Monsieur le physicien ? - Bien sûr petit, bien sûr...Je vais te laisser mon gaillard, je reviendrais la semaine prochaine. Au revoir
et prends bien tes pilules hallucinogènes. - Je ne risque pas, l'infirmière m'oblige à les avaler avant de me coucher dans le LEM. Au revoir Monsieur le physicien...A bientôt. Et du coup, il m'a
laissé seul dans ma chambre que j'avais transformé en station spatiale. Je sais, ils me croient tous fous dans ce bled, et ils ne savent même pas que je suis le premier homme à fouler le sol
de la Terre il y a des siècles, mais qu'importe, du moment que l'infirmière est mignonne et me laisse boire une bière avant le coucher, çà me convient ! Allez, à bientôt les enfoirés, demain mon
pote
Coluche vient me voir...On va se marrer, bonjour les
nerfs....
Par naxe
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Dimanche 12 juillet 2009
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18:17
J'ai mal. Aucune
médecine, aucun médecin, et me voilà face à face avec l'évènement. Pas de comprimé d'aspirine, mais une souffrance au coeur. Il y eut des larmes et le bonheur fuyant les avenues. Moi j'étais
seul, alors j'ai allumé le téléviseur. Une image, muette, immobile, de la fumée, puis des morts, des cadavres, de la poussière. J'ignorais
tout de là-bas, mais j'allais devenir un new-yorkais de Paris. J'ai laissé le percolateur faire son
boulot, les yeux fixés sur l'écran. Il ne se passait rien, aucune action, mais de la fumée qui sortait des jumelles. Les Twin-Towers brûlaient, mais pourquoi...? Deux incendies, un de trop. Des
hommes et des femmes se jetaient par le fenêtres pour s'écraser sur le sol...Quatre cent mètres plus bas. J'ai eu des frissons, des larmes au bord des yeux. Pas un film catastrophe, mais la mort
qui ricanait dans les rues de Big Apple. Je suis resté assis à regarder les soeurs jumelles mourir au fil des secondes incendiaires. Puis l'une d'elle est tombée suivit par l'autre qui aussi,
entraînait avec elle des sauveurs et des innocents. Je ne comprenais pas, qui avait osé assassiner ce symbole que j'aimais depuis l'année soixante treize. J'avais vingt ans, et les frangines
devenaient la grandeur d'un new-yorkais de Paris. J'ai bu mon café, j'ai sorti un stylo à bille et un bloc de papier pour correspondance. Je ne pouvais taire ma souffrance et ma haine.
Comme-ci la Tour Eiffel allait mourir sous mes yeux, moi qui suis né dans l'une des plus grandes capitales. Puis le temps a passé,certains ont détourné leurs regards, mais moi, il n'en était pas
question. Je reste un new-yorkais de Paris avec dans son âme les deux tours jumelles écrites à jamais dans mon coeur. Mon café était froid....
Par naxe
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Samedi 11 juillet 2009
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22:41
Le tra
in est arrivé doucement et s'est placé sur la voie du quai numéro cinq. Nous nous sommes regardé, elle
m'a sourit mais je ne lui ai pas rendu son sourire. Je savais que plus jamais nous nous rencontrerions par delà ce présent. L'avenir, ce futur qui deviendra peu à peu mon présent, aura pour
empreinte son absence. Elle m'a embrassé puis m'a dit adieu. " Ne m'en veux pas, je ne puis rester ici, dans une ville où chacun reste l'inconnu de l'autre, je me dois de retrouver mes
racines, on se reverra peut-être un autre fois, dans une autre vie..." Elle avait dit cela pour me consoler un petit peu, mais à quoi bon, elle me quittait et alors, je sus que j'allais
quitter ce futur qui allait devenir cet oubli par le présent qui viendrait m'habiter. " Les voyageurs en direction de BORDEAUX sont invités à fermer les portes attention au départ...." J'ai
allumé une cigarette, et dans les volutes bleues qui s'effaçaient peu à peu, j'ai revu son visage alors que la rame quittait la gare d'Austerlitz. Pas un seul autre mot échangé, pas une seule
larme, pourtant j'aurais aimé gueuler ma douleur, aboyer comme le font les chiens enragés, mais je n'ai rien dis, je n'ai rien fais, simplement laissé les évènements à leur putain d'époque, celle
des amours mortes. J'ai renoncé à ce futur qui me promettait tant de belles choses, tant de bonheur à ses cotés. J'ai jeté mon mégot de cigarette sur le trottoir et je me suis enfoncé dans la
bouche du métro afin de renaître un peu plus tard. Certes, une fois devant le clavier de cet machine électronique, je cracherais ma douleur par des mots suintant la mort et le sang de mes
veines déchirées. Puis, grâce à quelques verres de vieux Bourbon, j'irai m'enivrer jusqu'à tomber raide dans l'escalier. On me retrouvera saoul, on se moquera de moi comme on le fit autrefois de
ma pauvre mère, et qu'importe, l'amour avec un a minuscule ne mérite pas tant de douleur. Demain, oui, demain, ce futur inutile, je retrouverais les boulevards et l'avenue d'Italie avec son
cortège de bonheur et de misère. Loin de moi, elle retrouvera ses parents, sa famille, ses amis, un nouvel amour alors que je serais si seul à traverser la place d'Italie sans bien comprendre
pourquoi la Mort m'attendait de l'autre coté du bitume. Mais à quoi bon le vouloir, elle n'est plus là et je reste seul dans la cohue d'un treizième qui s'en fout. Je n'irais plus boire mon café
dans ce bar où autrefois, mon père échangeait des idées aussi rouge que sa politique aux verbes ténus. Qu'aucun curé ne prie pour moi, Dieu m'abandonne....
Par naxe
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Mardi 7 juillet 2009
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17:41
Elle ne l'a jamais connu, et pourtant....Oui, ils étaient si proches autour de la table
familiale. Si proches, si lointains, du même univers, aussi inconnus l'un que l'autre. Qui
était ce père qu'elle appelait Papa ? Un homme, un ouvrier, il mangeait avec les grimaces du dégoût lorsque sa Mère cuisinait. Pourtant, le ragoût était bon, il sentait le fumet que l'on prépare
avec délicatesse. A l'autre bout de la table, tel un chef imposant, la grand-mère essuyait ses vieux lorgnons de vieille, observant de son regard critique, cette bouffe qu'elle profanait déjà. -
Vous n'êtes guère une femme de table, Lucienne, le ragoût parfumé de clous de girofle.....
Bien sûr, les deux femmes se haïssaient, et lui, tel un conquérant, il ne pipait mot. C'est là qu'elle s'était mise à le haïr, à
se demander si oui ou non il était ce Père qui engrosse les femmes ? Maintenant, à la terrasse du bar de l'avenue d'Italie, elle pense à cet inconnu de père. Elle a vendu la traction avant pour
se payer sa DS, a échangé sa machine à écrire pour un ordinateur portable. Connecté internet. Pourtant, elle a gardé le briquet de son père, s'est achetée un cigare long et lourd comme lui les
aimait. Elle pense aussi à sa mère qui depuis de nombreuses années, se promène dans les oripeaux d'une morte. Elle a commandé un second café. Là-bas, un jeune garçon vend des caramels et des
chewing-gum, une dame promène son chien. - Cinq euros trente Madame, lui lance le serveur. - Tenez, voici un billet de dix, je n'ai pas de monnaie, a t-elle répondu. Demain, sur la côte d'azur,
elle oubliera cette jeunesse qui lui défigure un dernier désir. Adieu Paris, je ne reviendrais plus te voir......
Par naxe
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